En Ardèche secrète, que la châtaigne est belle

Publié le 23 octobre 2020

par Mélissa

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Aguyane, Pourette ou Sardonne, Marigoule, Bournette ou bouche de Bétizac… Rien que leur nom invite au voyage, gourmand avec ça. La châtaigne, puisque c’est elle dont il s’agit, est le fruit emblématique de l’Ardèche.

Bien plus qu’un fruit

Cultivée sur ses piémonts, elle est beaucoup plus qu’un fruit : c’est un marqueur d’identité ! Elle est indissociable de la culture ardéchoise, de son histoire, de ses traditions. Et pour cause, l’implantation de « l’arbre à pain » dans le département daterait de 8,5 millions d’années ! Son goût est incomparable, très subtil et ses multiples vertus nutritionnelles sont mises en lumière à travers une gamme de produits très divers :  les châtaignes fraîches bien, sûr au début de l’automne, mais aussi en farine, confitures, marrons glacés, soupes, biscuits, liqueurs et bien d’autres encore.

Une histoire passionnante

Si elle a aujourd’hui le vent en poupe et est affichée fièrement en logo, affiches ou personnages, qu’elle a même son musée !, la châtaigne a connu des jours mauvais en Ardèche, dont elle peine encore à se relever. La culture du châtaignier se développe à partir du XIIIe siècle sur le territoire ardéchois : les châtaigneraies sont alors greffées pour sélectionner les variétés les plus intéressantes.  La châtaigne sert de base à l’alimentation des hommes. Les grosses châtaignes sont exportées dès les XIVe siècle dans les principales villes du sud de la France. En Ardèche, des marchés spécialisés dans la châtaigne apparaissent au XVIIe siècle : les revendeurs des villes convergent vers Joyeuse, Les Vans, Saint-Sauveur-de-Montagut et Vesseaux.

L’âge d’or se situe aux alentours de 1860 où 58 000 ha de châtaigneraies produisent 40 000 tonnes de châtaignes. Pourtant, en moins d’un siècle, sa culture s’effondre. En cause, la culture des mûriers pour l’élevage du ver à soie qui supplante la châtaigne : la paysannerie enrichie par la sériculture commence à importer des céréales qui vont rapidement remplacer la châtaigne dans l’alimentation. S’ajoutent à cela le déclin démographique et l’exode rural dès 1870 qui réduisent la surface de châtaigneraie cultivée. A ce désamour s’ajoute la découverte des industriels textiles lyonnais : le tanin du châtaignier permet de teindre la soie : il devient rapidement plus rapide d’abattre les arbres pour extraire le tanin que de les cultiver. En 50 ans, la châtaigneraie ardéchoise recule de plus de 20 000 hectares avec l’abattage d’un million d’arbres. Comble de malchance, l’arbre emblématique voit arriver en 1875 une épidémie qui va décimer les plantations : la maladie de l’encre.

La châtaigne d’Ardèche : une célébrité

Il faut attendre les années 1930 pour qu’une véritable prise de conscience du recul drastique ait lieu. Un premier congrès national du châtaignier se déroule à Aubenas en 1935, avant la création en 1949 du syndicat des producteurs de châtaignes de l’Ardèche. Des opérations de sauvegarde, qui se poursuivent aujourd’hui avec le plan régional de reconquête de la châtaigneraie par exemple, sont mises en place ; grâce à la mobilisation de tous les acteurs de la filière, via le CICA, comité interprofessionnel de la châtaigne d’Ardèche, la châtaigne ardéchoise est désormais labellisée AOP. Tous les automnes, elle est mise à l’honneur grâce aux Castagnades.

La châtaigne, reine des Castagnades

Incontournable rendez-vous de l’automne, les Castagnades ! Tous les week-ends entre mi-octobre et mi-novembre, une dizaine de villages du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche, dont Antraigues-sur-Volane, sont en fête pour célébrer la châtaigne. À cette occasion, castanéiculteurs, artisans, artistes, restaurateurs, habitants… ont tous cœur à vous faire découvrir la châtaigne avec leur propre regard.

Les prochaines castagnades se déroulent à Vesseaux les 31 octobre et 1er novembre.

On l’appelle aussi marron glacé

Un emballage doré à ouvrir avec précaution et dedans, le trésor des fêtes de fin d’année : le marron glacé. S’il s’appelle marron, c’est bien de châtaigne qu’il s’agit. Une belle châtaigne charnue et goûtue. Oubliez les confiseries hyper sucrées et pleine de conservateurs que vous mangiez chez la grand-mère qui n’avait pas la chance d’être Ardéchoise : le marron glacé a d’abord le goût de châtaigne, qui explose en bouche, une fois que les dents ont fendu la fine couche de glaçage qui l’entoure. Un délice.

Textes écrits par Pauline Frison-Duclos

©Tomfry - Fotolia

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