Les siècles d’Histoire qui ont traversé Aubenas se reflètent à de nombreux endroits dans la vieille ville. Ici dans une porte cochère, là dans une montée d’escalier, ou une façade de maison. Laisse-nous te guider pour une balade découverte historique dans ce centre ancien qui dévoile bien des secrets à qui sait lever les yeux.
Belvédère de l’Airette
Cette visite ne peut pas vraiment commencer sans se plonger dans cet incroyable panorama. Les montagnes et la vallée de l’Ardèche s’étalent en contrebas depuis le belvédère.
On surplombe la ville basse et son canal de Baza. Ce que l’on aperçoit d’ici comme un filet d’eau courant au milieu des potagers fût un ouvrage majeur et complexe dont la construction, par les moines de l’Abbaye de Mazan, remonterait au XIe siècle.. Outre son usage agricole, ce canal est à l’origine des premiers moulins à grains et huile, puis du développement de la tannerie et de la draperie.
Des manufactures de laine pour le drap, puis de coton pour les mouchoirs, se sont ensuite installées le long du canal de Baza, à l’image des manufactures royales Goudard et Ruelle à partir de 1733. Aubenas est ainsi devenue un centre d’échanges internationaux. La laine était importée d’Andalousie, le coton d’Amérique et d’Egypte, les produits tinctoriaux d’Amérique Centrale. La production de draps était exportée dans les Echelles du Levant, au Moyen-Orient. Les mouchoirs étaient vendus dans les foires européennes et en Amérique du Nord. Autre innovation : la manufacture royale de soie, créée à l’initiative de Jacques Vaucanson et Henri Deydier en 1752. « Mécanicien de génie », Vaucanson a choisi Aubenas pour en faire la première étape d’une réforme de la filière de la soie que lui avait commandée l’Etat. Trop en avance sur son temps, la manufacture a fermé à la fin du XVIIIe avant de devenir par la suite un modèle pour le moulinage moderne.
Au même titre que l’Ardèche était l’un des premiers départements industriels de France au XIXe, Aubenas a été un bassin industriel majeur du département grâce au moulinage. L’activité a perduré jusque dans les années 60 et 70. Elle a nourri le développement du réseau routier et l’activité du transport de marchandises dans laquelle l’Ardèche s’est aussi distinguée. Il fallait d’ailleurs 10 à 12 heures de trajet pour les premiers camions qui transportaient les caisses de fils entre Aubenas et Lyon par le col de l’Escrinet.



Porte des Jacobins et maison Valleton
La porte des Jacobins est la dernière des sept portes d’Aubenas au temps des remparts. Elle fût franchie au XVIIe siècle par les révoltés emmenés par Antoine du Roure. Cette sanglante jacquerie fut violement réprimée et définitivement matée par d’Artagnan lui-même à Lavilledieu.
Au tout début de la rue Valleton, une magnifique porte rouge bordée de colonnes est l’entrée de la plus ancienne maison encore visible. La maison Valleton appartenait à une riche famille protestante, et est aujourd’hui habitée.


Le Château & les Vigilants
Le château est considéré comme le plus bel édifice de l’architecture civile ardéchoise. Sa construction commence à la fin du XIIIe siècle avec le donjon, mais les recherches récentes laissent supposer l’existence d’un château plus ancien à l’ouest de l’édifice actuel. Il se transforme progressivement sous l’influence de ses différents propriétaires (les Montlaur, les Maubec, les Modène, les d’Ornano et les Vogüé) qui, chacun à leur tour, le modifient pour l’adapter aux évolutions et aux modes de leur époque. Siège du pouvoir féodal, le château est devenu après la Révolution le siège de l’Hôtel de ville : il l’est resté jusqu’en 1985.
Classé Monument historique en 1943, il a fait l’objet d’une vaste campagne de travaux de restauration pendant 7 ans et est à nouveau ouvert au public depuis l’été 2024. Ce tout nouveau Centre d’Art Contemporain et du Patrimoine se dévoile jusqu’au donjon!
Et sur l’esplanade du bâtiment, Les Vigilants veillent sur la ville. Ce sont trois signes-personnages, trois talismans, trois figures, deux féminines et une masculine dont les ombres portées se déplacent au rythme du soleil (oeuvres de Rachid Koraïchi).


| Tarifs | Min. | Max. |
|---|---|---|
| Plein tarif |
9 € | Non communiqué |
| Tarif réduit |
6 € | Non communiqué |
| Famille nombreuse |
20 € | Non communiqué |
| Forfait famille |
20 € | Non communiqué |
La Grand’ rue
Dénomination courante dans beaucoup de villes de France, c’est la plus large rue de la cité depuis le Moyen-âge. Elle descend doucement du château vers l’église et a conservé de très belles maisons telles que l’ancien hôtel particulier Milssoz de Ferrière (XVe et XVIIe siècles) au n°7 ; la Maison Veyrenc de Lavalette au n°16 et la Maison Jacques Duclaux (1694) au n°22. Observe au passage la façade Art Déco de l’ancienne Caisse d’Épargne décorée d’un des premiers logos de la banque… La trouveras-tu ?

L’Église Saint Laurent
D’abord Église Saint-Dominique au XIIIe siècle, car la légende raconte que Saint Dominique lui-même serait venu à Aubenas pour poser la première pierre. L’église est détruite durant les guerres de religion, et reconstruite en 1612. À l’intérieur, les boiseries datent du XVIIIe et la chapelle Saint- Clair du XVe siècle (Chapelle des Martyrs), quant à la façade, elle est récente (XIXe siècle).

La place des Cocons
Le marché aux cocons était au XIXe siècle, le 3eme marché aux cocons de France, après Lyon et Saint-Étienne. Le nom de la Place des Cocons entretient cette mémoire. L’apparition en 1872 de la pébrine, maladie du ver à soie, a marqué le déclin de l’activité séricicole dans tous le sud de la France.
On te conseille aussi un petit détour par la rue du Quatre septembre (qui continue) Au n°19 la maison Béranger de la Tour, ancien consul de la ville pendant les guerres de religion qui joua un rôle dans les négociations avec les chefs catholiques dans les assemblées protestantes. Observez les fenêtres à traverses en pierre moulurées et linteau en acolade.

La Maison Delichères
Les albenassiens l’appellent aussi “la maison aux gargouilles”. C’est une bâtisse à l’architecture gothique dont le lanterneau est orné de gargouilles dans un grès noirci par le temps. Cette maison du XVe siècle faisait partie des demeures albenassiennes les plus riches architecturalement.

La Maison Veyrenc
L’hôtel Michel Veyrenc, 8 rue Jourdan, existait au XVIeme siècle. La porte à bossages est imposante, au fond de la cour une splendide rampe en fer forgé (1740) orne un escalier monumental d’un seul portant. Des visites sont proposées à l’occasion des journées du patrimoine.
Dans une vitrine un peu plus bas dans la rue, un grand panneau raconte l’histoire de Léonce Verny. Cet illustre ingénieur, natif de Pont-d’Aubenas a largement contribué à la modernisation du Japon, en particulier celle de l’arsenal naval de Yokosuka. La mémoire nippone honore encore aujourd’hui son souvenir.


Le Dôme saint Benoît
Le Dôme Saint Benoît, ancienne chapelle des Bénédictines, installées dans les ruines du château des premiers seigneurs d’Aubenas les Itiers de Géorand, est un joyau de l’architecture religieuse, classé Monument Historique. Il se caractérise par une structure à tambour hexagonal et une coupole du XVIIIe de style Renaissance Italienne. Transformé en halle à grains après la Révolution française, puis en stockage municipal pour les pompiers, il abrite désormais des collections d’objets d’art religieux et le mausolée en marbre du Maréchal et de la Maréchale d’Ornano.
La Chapelle des cordeliers
La chapelle des Cordeliers est un ancien oratoire des Franciscains. On peut y voir , à l’occasion de Journées du Patrimoine, des tableaux et sculptures religieuses du XVIIe siècle évoquant l’activité des moines cordeliers.

Les jardins du Dôme
Ces immenses murs sans toit sont les vestiges de l’ancien château des premiers seigneurs arrivés de la montagne à Aubenas au XIIe siècle, les Itiers de Géorand. Tombé en ruine, c’est la Maréchale d’Ornano qui rachète les ruines pour y installer les soeurs Bénédictines, chassées de Lavilledieu au début du XVIIe siècle. Les jardins au centre de ces ruines chargées d’histoire accueille parfois en été des concerts et des spectacles.

L’hôtel Goudard-Ruelle
Ancien hôtel particulier du XVIIIe siècle ayant appartenu à un industriel du coton , François Goudard, repris plus tard par son gendre François Ruelle puis transformé en Relais Poste, il a abrité la bibliothèque municipale dans les années 1990. Il a fait l’objet d’une récente restauration et accueille aujourd’hui le Pôle des Métiers d’art et de la création sous la marque “Le 18A”. Des ateliers d’artistes ont été aménagés et chacun des résidents peut exposer dans la boutique ouverte au public.


L’Agora paysagère et la fontaine Jean Mathon
Pendant longtemps Aubenas fut appelée : « La ville sans eau ». Juchée en haut d’une colline, elle ne pouvait être arrosée d’aucun cours d’eau. C’est au XIX° S que le Maire Jean Mathon fit exécuter des travaux, titanesques pour l’époque, amenant l’eau d’une source captée à Antraigues (14 kms). Le 23 juin 1863, une grande fête inaugure les 50 bornes fontaines construites dans la ville ( quelques-unes sont encore visibles aujourd’hui ) et qui toutes ensembles, se mettront à « cracher » l’eau à 7h du soir, dans la liesse populaire. Les fêtes dureront un mois entier ! Longtemps, la fête des Fontaines animait la ville une fois par an. Aujourd’hui, la fontaine et le kiosque rendent hommage à l’audace et au courage de Jean Mathon. Cette place recouvre les vestiges de l’ancien couvent des cordeliers, aussi appelés les frères Mineurs, qui avaient pour mission entre autre les services funéraires pour les populations d’indigents.


Les anciens remparts
Les deux tourelles de défense situées devant l’église du côté du boulevard Gambetta comptent parmi les derniers vestiges des remparts détruits en 1809.
