Un matin de mai, un peu par curiosité, beaucoup par envie de prendre l’air, je me suis laissée porter dans les rues d’Aubenas. Sans programme. Juste l’idée de me perdre un peu. Résultat : une matinée qui s’est transformée en vrai tête-à-tête avec cette ville étonnante, perchée entre ciel et vallée.

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Photo, © Steph Tripot

9h. Le jour se lève, et Aubenas avec

La lumière glisse lentement sur les toits en tuiles. Une odeur de croissant s’échappe d’une porte entrouverte. Ici, les persiennes claquent encore contre les murs anciens. Un boulanger s’active, silhouette floue derrière la buée d’un four. Je longe les façades encore assoupies. Une tasse se brise sur le sol d’un café. Le bruit résonne comme un signal : la ville se réveille. Un chat me rejoint. Oui, vraiment. Il s’invite dans la balade, trottine à mes côtés jusqu’à la place de l’Hôtel de Ville, comme s’il avait décidé de me montrer le chemin.

La place du Château, théâtre vivant de l’histoire

Le château d’Aubenas surgit sans prévenir. Massif, élégant, presque intimidant. Juste en face, la Maison aux Gargouilles, bâtisse gothique sculptée dans une pierre foncée par le temps. Je m’attarde. La fontaine murmure. Les chaises des terrasses crissent. Le service commence. La ville s’anime dans un joyeux brouhaha. On parle fort, on rit, on a faim. Ici, l’histoire n’est pas en vitrine, elle se vit entre deux bouchées et un verre levé.

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Belvédère Airette Steph Tripot
Belvédère Airette Steph Tripot, © Steph Tripot

Un panorama qui coupe le souffle (sans effort)

Je passe sous la grande voûte du château. Et là, la vallée. Toute entière. Le pont d’Aubenas, les collines en enfilade, les routes qui serpentent vers Vals-les-Bains. L’air circule doucement, le soleil se fait plus timide à l’ombre des vieilles pierres. Ce coin-là, tu ne le traverses pas. Tu t’y arrêtes. Je m’installe sur la place pour déjeuner. Le bruit du monde se mêle au chant d’un verre qu’on repose sur une table. Aubenas est bien éveillée maintenant, et moi, je suis prête pour la suite.

Le Dôme Saint-Benoît, presque caché

Je reprends mon chemin, happée par une ruelle en pente douce. Les façades ocre, les balcons en fer forgé, les galeries étroites comme des passages secrets. Et puis soudain, cette silhouette étonnante. Une coupole. C’est le Dôme Saint-Benoît. À ses pieds, un jardin suspendu, minéral et végétal. La vue est encore là, différente, plus douce. Le vent joue avec les feuillages, les murs retiennent l’écho. Ce moment-là, il ne se partage pas. Il se garde.

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Photo, © Steph Tripot
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Photo, © Steph Tripot

Une dernière boucle par les rues commerçantes

Fin d’après-midi. Changement d’ambiance. J’abandonne les petites ruelles pour les artères commerçantes. C’est une autre facette de la ville. Plus vive, plus bruyante. Les vitrines s’illuminent, les voitures passent, les boutiques s’ouvrent grand. Je flâne, je regarde, j’entre, je sors. Il y a du mouvement. Un dernier café. Un dernier achat. Une dernière lumière sur les pierres dorées.

Aubenas est une ville à tiroirs. On croit avoir tout vu, et une porte entrouverte nous invite ailleurs. On pense connaître, et un chat vous entraîne vers une autre place. Il suffit d’y marcher. De s’y perdre un peu. Elle fera le reste.

Parcours découverte d’Aubenas

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